L’implant cochléaire
L’implant cochléaire s’adresse aux sourds profonds ou aux sourds totaux qui ne tirent plus bénéfice d’un appareillage auditif même surpuissant.
L’implant cochléaire est une prothèse implantée qui va stimuler directement les voies nerveuses auditives après un codage du message acoustique et tenter d’apporter l’information la plus proche possible de celle analysée par une cochlée normale. C’ est donc une prothèse qui court-circuite, et l’oreille moyenne et l’oreille interne, sans passer par les cellules ciliées profondément détériorées dans les surdités profondes.
Comment marche l’implant cochléaire ?
Le message sonore est capté par un micro (1) miniature placé au niveau du pavillon de l’oreille. Il est transmis au micro processeur (2) contenu dans le boîtier situé derrière l’oreille. Ce dernier va transformer les vibrations acoustiques en message électrique, lui même codé en un code spécifique déterminé comme le plus approprié à la compréhension du son et de la parole. Ce signal codé électriquement est renvoyé à une antenne (3) plaquée dans les cheveux. Cette antenne adhère de façon électromagnétique à un récepteur implanté dans l’os temporal. Le message est transmis à travers la peau à ce récepteur, par onde radio. Ce récepteur (4) - l’implant proprement dit, véritable micro-ordinateur, décode les signaux, et envoie un train d’ondes électriques aux électrodes directement placées dans la cochlée ; celles-ci vont stimuler les fibres nerveuses sans utiliser les cellules ciliées.

La chirurgie
L’intervention chirurgicale dure de 3 à 4 heures et nécessite en moyenne 4 jours d’hospitalisation. Elle consiste à creuser au dessus de la mastoïde une logette pour accueillir le récepteur interne. Ensuite un orifice est réalisé dans la cochlée pour insérer le porte électrode.
Les réglages
4 semaines après l’intervention l’implant est branché et les réglages peuvent commencer. Ils consistent à préciser les niveaux auditifs de perception d’un son ainsi que son niveau d’inconfort.
A qui est destiné l’implant cochléaire ?
Aux personnes sourdes qui ne bénéficient plus d’un appareillage auditif conventionnel. Dans les autres cas, la prothèse conventionnelle restera plus performante. Chez l’enfant, il s’agit généralement de sourds profonds congénitaux chez qui il s’avère que l’appareillage n’apporte pratiquement aucun bénéfice.
Avant l’implantation : le bilan pré-implantatoire Il consiste en un bilan radiologique complet, scanner + I.R.M., est nécessaire pour s’assurer de l’intégrité de la cochlée et donc des possibilités opératoires,
- Un bilan audiométrique,
- Un bilan orthophonique,
- Un bilan psychologique de l’enfant,
- Une évaluation des motivations et des attentes de la famille de l’enfant,
- Et enfin l’assurance d’un accompagnement familial mais également éducatif, ré-éducatif et pédagogique adapté.
À quel âge doit-on implanter un enfant ?
L’accompagnement de l’enfant sourd commence dès la découverte de sa surdité, essentiellement par l’accompagnement de ses parents dans le douloureux cheminement de l’acceptation et la prise en compte de la surdité. Après la sidération de l’annonce du handicap les parents pourront se réinscrire dans un échange et des interactions positives avec leur bébé.
Parallèlement, il faudra tenter de préciser, tant par des mesures objectives que subjectives, les seuils d’audition de l’enfant et évaluer les bénéfices apportés par un appareillage conventionnel. S’il s’avère qu’il ne tire guère profit de ses prothèses, il est alors conseillé de l’implanter le plus tôt possible, essentiellement pour tirer parti de la plasticité cérébrale extraordinaire du tout petit enfant.
La prise en charge de l’enfant implanté
Il est fondamental de comprendre que l’implant cochléaire ne restitue en aucun cas une audition normale. L’information auditive ne sera jamais aussi riche que celle reçue par un entendant. De plus le cerveau de l’enfant sourd congénital n’ayant pas été stimulé par des perceptions auditives, aura rapidement compensé en développant au maximum les autres fonctions sensorielles, et en particulier la fonction visuelle. L’enfant implanté devra donc se familiariser avec cette nouvelle manière « d’être au monde », apprendre progressivement à utiliser ce message auditif et à le traiter de manière signifiante. Pour ce faire, il aura besoin d’une aide aussi spécifique qu’intensive. Le soutien actif de toute l’équipe éducative, la participation de sa famille, le travail intensif en orthophonie, tout concourt à optimiser les nouvelles informations perçues grâce à l’implant.
L’audition avec l’implant
- L’implant cochléaire permet rapidement la perception d’un environnement sonore.
- Il augmente considérablement les capacités de communication orale de l’enfant sourd profond. C’est la possibilité à terme d’entendre la voix en situation d’écoute et de concentration.
- Mais le bruit restera toujours une très grande gêne.
Cette possibilité d’accéder au langage oral ne doit cependant pas en occulter la difficulté. Car entendre ne dit pas que l’enfant reçoit un message pertinent. Il importe d’avoir développé chez cet enfant un mode de communication globale et gestuelle, des interactions positives avec son entourage sur lesquels il pourra s’appuyer. Car plus il aura ébauché un certain langage, plus rapidement il se repérera dans ses perceptions auditives. C’est dire toute l’importance d’un travail de C.A.M.S.P.Centre d’Action Médico-Social Précoce (Centre d’Action Médico Sociale Précoce) avant et autour de l’implantation du jeune enfant. Après l’implantation, une éducation auditive intensive est fondamentale. L’introduction progressive d’une aide visuelle à la compréhension du langage oral - L.P.C.Langage Parlé Complété (Langage Parlé Complété) trouvera ici une place de choix, afin de supprimer toutes les ambiguïtés de la lecture labiale. Le succès obtenu par un enfant résulte des efforts conjoints de ses parents, des thérapeutes spécialisés mais aussi de ses capacités individuelles, de son désir d’apprendre et de sa motivation, l’âge au moment de l’implantation constitue un autre facteur important.
Conclusion
L’implantation cochléaire permet à l’enfant sourd profond, dès les premiers mois suivant l’implantation, avec une réhabilitation intensive, d’entendre les bruits de la vie quotidienne. Le développement du langage prend significativement plus de temps et est également beaucoup influencé par les conditions individuelles. Un soutien audio-pédagogique précoce conséquent joue un rôle prépondérant et permet à terme :
- Un développement du langage oral en progression constante.
- La possibilité d’entendre et de comprendre les conversations.
- D’améliorer sa diction puisqu’il entend sa propre voix et celles des autres personnes.
C’est dire le bénéfice en terme d’intégration scolaire, familiale et sociale et plus globalement en terme de confort de vie auquel peut désormais accéder l’enfant sourd profond.
Jacqueline LOZACHMEUR,
Pédopsychiatre de Kerveiza
| < Précédent |
|---|


